La dissolution des Boulogne Boys & de la faction metz 
La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a transmis jeudi au Premier Ministre les décrets pour la dissolution des Boulogne Boys, après l’affaire de la banderole injurieuse lors de la finale de la Coupe de la Ligue.C’était dans l’air depuis déjà plusieurs jours, c’est désormais officiel. La ministre de l’Intérieur, Michèle Alliot-Marie, a fait parvenir au Premier Ministre les décrets pour la dissolution de l’association de supporters du PSG les Boulogne Boys. Cette décision intervient après l’affaire de la banderole injurieuse lors de la finale de la Coupe de la Ligue, face à Lens. Une banderole affichant le slogan "Pédophiles, chômeurs consanguins : bienvenue chez les Ch’tis" avait été déployée devant le kop des Boulogne Boys. La ministre de l'Intérieur a notamment insisté sur le fait que cet incident « faisait suite à de très nombreux incidents survenus lors de cette saison et au cours des saisons précédentes. » L’association avait été créée en 1985. ---------------------------------------------------------------Eric Cantona: "Nous sommes égaux en dignité"Présent mercredi 27 février à Paris, pour le lancement officiel de la Fondation du football, Eric Cantona a témoigné de son soutien et de sa participation à ce projet. Voici les principaux extraits des déclarations de l'ex-capitaine des Bleus et actuel sélectionneur de l'équipe de France de beach soccer.
"Certains doivent se demander ce que je fais là, alors que j'ai eu des moments difficiles parfois sur un terrain. Ce n'était pas énorme non plus mais c'était très spectaculaire. Il y a des gens qui m'ont dit, ''Super quand t'as sauté dans la tribune, c'était bien'' (sourires). Mais justement, quand on l'a vécu on se rend mieux compte, peut-être, que c'était des erreurs. On en tire des enseignements et on peut transmettre quelque chose. Il y a une phrase que j'ai retenue. Nous ne sommes pas égaux en valeur mais égaux en dignité, en droit. Quand sur un terrain, une équipe mène 3-0, les dernières minutes, souvent, on commence à mépriser l'adversaire. Le respect, c'est de continuer à jouer à son niveau... Le football, c'est ça aussi. A partir de valeurs du football, on peut défendre beaucoup d'autres choses, qui dépassent le football. Je crois qu'à Liverpool e club a pris l'initiative de faire pratiquer le football à des femmes musulmanes, là on dépasse le cadre du football, Le football est une grande école de la vie. J'espère y apporter en tout cas ma petite expérience." -------------------------------------------------- UNESCO Le démon du racisme habite les stades. Parce que les supporters appartiendraient à l’extrême droite? Non, ils ne font qu’exploiter les vieux clichés enracinés dans l’esprit de Monsieur tout le monde.
Voilà trois jours à peine que la saison du championnat anglais a commencé, quand, au cours de la rencontre Liverpool-Arsenal, Patrick Vieira est exclu par l’arbitre. Milieu de terrain de l’Arsenal de Londres et membre de l’équipe de France qui a remporté la coupe du monde et l’Euro 2000, il vient de recevoir son deuxième carton rouge en deux matches. La presse britannique s’empare de l’affaire. Patrick Vieira va-t-il rester en Angleterre? Les journaux soulignent que le joueur se plaint d’être la cible de remarques xénophobes, tant de la part d’autres joueurs que de diverses personnalités. Parce qu’il est noir? Non, affirme-t-il, parce qu’il est français. On se souvient d’ailleurs des avanies subies, en leur temps, par Eric Cantona, Franck Lebœuf et Emmanuel Petit.
Le racisme des supporters anglais a changé de forme Quelques mois plus tôt, un défenseur de West Ham, un autre club londonien, avait été sanctionné pour ses propos racistes: lors d’une algarade au cours de laquelle Patrick Vieira lui avait craché dessus, il avait répliqué en traitant son adversaire de «French prat» (petit con de Français) qui «sentait l’ail». Harry Redknapp, le manager de West Ham avait alors pris la défense de son joueur. «Quelle absurdité de le punir pour si peu», avait-il commenté. «Tout cela pour une blague!» En Angleterre, berceau du hooliganisme, le racisme des supporters existe toujours, il a seulement changé de forme. Dans les années 70 et 80, les supporters accablaient d’injures les joueurs noirs. La fermeté des campagnes d’opinion condamnant ces manifestations avait fini par porter leurs fruits. Mais les préjugés n’ont pas disparu et, ces dernières années, un racisme plus insidieux empoisonne le jeu. Dans presque toute l’Europe, les stades servent de défouloir aux esprits les plus étroits. Sous prétexte de rivalité sportive, on y tolère des attitudes qui n’ont pas droit de cité ailleurs. Une affaire tragique, à Saint-Sébastien en Espagne, en est l’exemple le plus récent. A l’issue d’un match entre les Basques de Real Sociedad et l’Atletico de Madrid qui se solde par un score nul, les supporters s’affrontent violemment. Un supporter basque, Aitor Zabaleta, est tué. Selon la version officielle, il s’agit d’une simple échauffourée qui a mal tourné. Pourtant, Ricardo Guerra, mis en examen pour ce meurtre, est membre du Bastion. Or, lors de la rencontre, ce groupe d’ultras de l’Atletico chantait sur l’air de l’hymne national espagnol: «Dehors, dehors les pédés, les nègres, les Basques et les Catalans». Ils vont même surenchérir, pendant le match retour, en exhibant devant les caméras de télévision un drapeau portant la croix gammée. Pour de nombreux commentateurs, la haine raciale qui s’exprime dans les stades reflète l’influence des groupes néo-nazis sur ce milieu. Dans toute l’Europe, des groupes de supporters exsudent la même haine de l’étranger. Ils gravitent autour de l’Atletico et du Real Madrid en Espagne, du Lazio et du Milan AC en Italie, du PSG en France et du Red Star Belgrade en Yougoslavie… Ils ont forcé le club italien Udine à abandonner son projet d’engager le joueur israélien Ronnie Rosenthal en multipliant les bombages antisémites sur le siège du club; à Rome, ils déroulent face à leurs rivaux locaux une banderole où l’on peut lire: «Auschwitz est votre pays, le crématoire votre foyer». Ces manifestations de haine raciale reflètent-elles pour autant une véritable emprise des groupes néo-nazis sur les supporters? En Allemagne par exemple, l’influence de l’extrême droite dans les stades est largement admise et soulignée par les médias. Pourtant, selon le professeur Volker Rittner, de l’Institut de sociologie du sport de Cologne, «les symboles nazis ne servent qu’à provoquer, à briser les tabous. Ils n’ont pas de visée politique et servent uniquement à attirer l’attention, à faire la une des journaux du lundi». Même quand le racisme des supporters se veut plus politique, il reste souvent instable et fluctuant car en réalité, seules comptent les rivalités entre clubs: à la première occasion, le racisme cède le pas. En 1990, en Italie, pendant la coupe du monde, les supporters de Naples avaient renié leur équipe nationale au profit de l’équipe argentine, dans laquelle évoluait Diego Maradona, qu’ils considéraient comme un véritable héros. Aussitôt, les «ultras» du Nord avaient manifesté leur hostilité traditionnelle envers ces «sudistes» en prenant parti pour les équipes affrontant l’Argentine: ainsi, même les supporters les plus racistes s’étaient brusquement pris de passion pour l’équipe camerounaise... Fondée sur l’antagonisme, la culture des clubs de supporters blancs exige de recourir à «l’insulte efficace», à la provocation la plus pertinente, celle qui saura le mieux blesser. Au Royaume-Uni, les supporters de tous les clubs rivaux de Liverpool scandent régulièrement: «Plutôt être pakistanais qu’habitant de Liverpool». De même, en Italie, les supporters nordistes parlent souvent des «Noirs» quand ils évoquent leurs adversaires méridionaux. Dans chacun de ces cas, l’insulte est efficace parce qu’elle fait référence à un groupe racial méprisé par les fans des deux camps. Affirmer que l’on préfère le «Paki» à l’habitant de Liverpool revient à charger l’injure d’une forte dose de venin, tout comme associer les Italiens du Sud à la noirceur suffit à raviver de vieux fantasmes nés de la proximité géographique de l’Afrique.
L'Express du 22/11/2004 Le racisme court les stadesLe mal n'est pas encore éradiqué dans les stades européens. La preuve: l'interruption par les autorités néerlandaises d'une récente rencontre à Eindhoven à la suite d'insultes antisémites lancées contre l'arbitre. Dans le Calcio, malgré la sévérité de la police italienne face aux supporters jugés «dangereux», qui doivent pointer deux fois au commissariat les soirs de match, les tribunes, dont celles de la Lazio de Rome, sont régulièrement infiltrées par des groupuscules fascistes. Autre exemple: celui du Camerounais Patrice Abanda, du Sparta Prague. «A chaque match, dès que je touche le ballon, raconte-t-il, j'entends des cris de singe. On m'a même lancé des bananes.» La France ne fait pas bande à part. A l'issue du match Bastia-Saint-Etienne, le 13 novembre, deux joueurs noirs du club corse ont été agressés par une trentaine de supporters locaux. Victimes d'injures racistes, Pascal Chimbonda et Franck Matingou ont été très choqués. Et leur club a déposé une plainte contre X. La recrudescence des violences physiques et verbales souvent xénophobes provoque la colère de Jean-François Lamour. «Les valeurs de la République ne doivent pas s'arrêter aux portes des stades», tempête le ministre des Sports. Ce dernier a demandé au garde des Sceaux, Dominique Perben, de rendre plus systématiques les pointages dans les commissariats et générales les «autorisations de palpation» à l'entrée des stades de Ligue 1. Objectifs: confisquer les banderoles à caractère raciste et traduire leurs auteurs devant la justice. En Angleterre, berceau du hooliganisme, 3 982 arrestations ont été opérées en 2003-2004 avant, pendant ou après les matchs des quatre divisions du pays, aboutissant à 1 263 interdictions de stade. Cette intransigeance semble payer. La plupart des clubs d'outre-Manche, comme Chelsea, ont même créé des hotlines pour dénoncer les supporters qui entonnent des chants racistes dans les gradins. Vive le sport! |